Philippe Ayral fait penser à un vieux chinois qui se balade avec son oiseau et cherche l'arbre approprié pour y suspendre sa cage et ainsi offrir à l'oiseau de l'espace et de la lumière. Il est photographe de la solitude, solitude qu'il traque tout au fond de lui-même, dont il guette l'envol car il est cage et ciel. C'est cet envol qu'il nous offre à voir. Cet instant où sa propre solitude se confond à celle du paysage, cet instant immensément magique où le visible bascule dans l'invisible: ce qu'en photographie on appelle le point de confusion - moment du déclic. C'est un obsédé aussi. Un obsédé de la perfection du geste juste. S'il est quelqu'un qui pourrait écrire un traité d'art martial de la photographie c'est bien lui. C'est dans un luxe de temps inouï - sa matière première avec la lumière - qu'il capte, pour ensuite restituer en chambre noire, l'objet de sa quête. Il est un artisan acharné qui fabrique ses propres outils, confectionne ses papiers, concocte des produis inconnus du marché. Il est le contrepoids de Photo Labo, de Quick Instant Service et du raz de marée numérique. Car il arrivera bien le jour où produire du papier coûtera trop cher, ne sera plus rentable pour les grandes firmes. Le photographe redeviendra alors un artisan comme il le fut, le dépositaire d'un savoir-faire. Ce sont des photographes comme Philippe Ayral qui donnent à la photographie argentique ses lettres de noblesse. Francis Traunig, l'ami photographe Février 1998 Au cœur de la pierre avec Philippe Ayral Le photographe revient à Focale avec des images d'église et de carrières "Dix minutes suffisent pour comprendre le procédé. Il n'y a plus ensuite qu'à travailler." L'ennui c'est que Philippe Ayral a passé un temps infini à tirer ses images au palladium/platine. Les disciples qui suivront ce samedi à 10h 30 son stage dans la galerie Focale risquent d'être déçus par leurs premiers travaux. L'institution Nyonnaise avait déjà présenté le Toulousain aujourd'hui installé en Haute-Savoie en 1998. Il avait alors proposé les Séries blanches & chambre noire. Ayral a le ticket avec la cité lémanique. Il s'est également retrouvé deux fois dans les manifestations collectives qu'organisait le Château, aujourd'hui sous bâche pour ne pas dire sous préservatif. Histoires de pierre est le récit photographique de deux découvertes, l'abbaye de Silvacane et les carrières fermées des Baux de Provence. Ces sujets minéraux sont aussi des exercices sur la lumière. Il suffit de voir se déplacer le rai de soleil à travers la rose de l'église ou de guetter, au travers des parois de pierre, les ouvertures qui relient à l'air libre ces cathédrales souterraines que sont les latomies. "J'ai travaillé sur les quatre saisons en utilisant un matériel lourd qui paraît démodé aux fabriques de produits photographiques. Chaque tirage de format 13x18 constitue en fait un contact." A la limite de l'abstraction, comme celles de l'affiche, les images de Philippe Ayral sont d'une extrême délicatesse. Le dégradé des gris, les trouées de blanc, la noirceur du cadre leur confèrent une qualité picturale évidente et pourtant discrète. leur auteur n'est pas un faiseur, comme il en existe tant dans son domaine. Etienne Dumont Tribune de Genève juin 2002 Etre à l'écoute du murmure des pierres Philippe Ayral instaure un dialogue feutré entre des lieux sacrés et profanes. En révélant de mystérieuses correspondances entre une carrière de calcaire des Baux de Provence et l'abbaye cistercienne de Silvacane, le photographe Philippe Ayral nous convie dans un monde de silence et de méditation. Ici, un vitrail jette une fleur de soleil dans la pénombre de l'église, là des jeux d'ombres et de lumière sculptent les pierres en formes hiératiques. Ce photographe d'origine toulousaine, fils de peintre, petit-fils de compagnon, dit avoir reçu en héritage l'amour du bel art. Il confie aussi travailler sur la lenteur, pour mieux s'imprégner des choses. Il faut que ça mûrisse en moi. Après avoir découvert les carrières, il y est retourné très souvent, puis ses pas l'ont conduit à l'abbaye où pendant près de trois ans il a observé les lumières au fil des saisons. L'architecture cistercienne est unn chef-d'œuvre dans la connaissance de la lumière. Tout y est réfléchi, voulu, symbolique. Le rôle de la lumière est éducateur. Entre ces lieux différents, carrière et abbaye, il découvre avec émotion des liens, une analogie architecturale, des notions identiques de sobriété, de pureté, de lumière. Cet artiste contemplatif possède la science d'apprivoiser le moment exact où ombres et lumières révèlent l'âme des lieux. Cet instant de grâce, toujours un peu magique, où l'image est reçue dans sa perfection. Tout en s'appuyant sur un langage poétique, son travail acquiert dès lors une dimension spirituelle. Françoise Gentinetta La Côte juin 2002 De l'abbaye à l'extraction Philippe Ayral présente "Balade entre l'éternel et l'éphémère, la pierre et la lumière", une exposition de ses photographies à la galerie Focale de Nyon. Pour l'aspect technique, à noter que les tirages sont réalisés au palladium/platine. Le photographe en fera d'ailleurs démonstration samedi 8 juin dès 10h 30. Mais le principal intérêt de ce travail est ailleurs. En présentant parallèlement deux architectures - une abbaye cistercienne et des carrières d'extraction de pierre souterraines - Philippe Ayral fait se rejoindre en deux dimensions le sacré et le profane, culture et tradition, métaphysique et profondeur de la terre. L'effet est étrange, pour peu que l'on prenne le temps de méditer devant les photographies. En effet, la sensation de dépouillement de ces images "abstraites" pose la question de la finalité des intentions de l'humain face au minéral, à la construction comme à la déconstruction par la pierre. La plénitude et l'harmonie pourraient donc se trouver, se vérifier aussi bien dans un cas que dans l'autre. Et puis Philippe Ayral prouve, si besoin est, l'importance de la lumière dans l'architecture, voire dans l'architecture du réel. Pour redéfinir un espace. Décidemment l'écriture avec la lumière qu'est littéralement la photographie n'en finit pas d'interroger l'architecture, au sens de ce qui modifie notre espace public. JS La Liberté juin 2002 "Histoires de pierre" touchées par la Grâce Cinq ans après son exposition de clichés noir et blanc, Philippe Ayral revient à l'Espace 13x13. Il nous convie à une balade entre l'éternel et l'éphémère, entre la pierre et la lumière. Les nombreux visteurs présents au vernissage ne s'attendaient pas à découvrir de telles photographies. En effet, celles-ci dégagent une lumière si douce, si intime, si chaleureuse, qu'elles touchent au plus profond de soi. L'Abbaye de Silvacane et les Baux-de-Provence sont les supports intemporels de l'artiste qui ose ainsi faire se côtoyer le sacré et le profane, la pureté et le naturel. Philippe Ayral sert le noir et blance, les dérives de gris qui s'en échappent comme des peintres sentiraient la couleur. Le photographe sent, ressent et veut nous faire ressentir dans un don total. Sa générosité est à la mesure de la patience qu'il a investi dans la composition et le développement de chacun des clichés exposés. Il a dû observer longtemps, posément la pierre prête à se révéler sous le meilleur angle et attendre la lumière à même de la magnifier. Il a su attendre et apprivoiser ces pierres qui révèlent un peu de leur histoire et dévoilent une émotion toute particulière. Cette œuvre photographique respire le calme, la sérénité, fait se ralentir le rythme des pas, le rythme de vie. Un travail élaboré avec rigueur, amour et patience Les prises de vue, faites sur film Kodak Tri-X, ont été développées avec un révélateur à base de pyrogallol. Le mélange de sels spécifiques de palladium et platine ont contribué à l'effet de gravure des tirages. Ces derniers ont été réalisés sur papier Arches, après avoir été sensibilisés manuellement. Tout ce travail a été élaboré avec rigueur, amour, patience, pour que cette exigence de l'artiste se montre payante: son exposition dégage une vibration que le spectateur éprouve instantanément. Le labyrinthe de pierre qui se déroule sous nos yeux, nous emprisonne avec bonheur, nous permet une sortie puis nous recapture avant de nous toucher dans un halo de lumière filtrant à travers les ouvertures ou les rosaces. La lumière caresse nos âmes avec pudeur: Philippe Ayral semble avoir été inspiré. On peut donc les remercier lui et la commission d'exposition pour avoir voulu partager ces histoires de pierre qui resteront gravées sur papier qui résiste au temps et ne quitteront pas nos mémoires de sitôt ! Dauphiné Libéré 19 janvier 2002 Philippe Ayral est un poète de lumière Dans sa quête de l'essentiel, il ouvre la voie à l'émotion Dans l'ombre se devine le frémissement d'une eau presque immobile. Des pierres, fruits de granit offrent leurs rondeurs sensuelles. De petits formats de bord de mer, en légères esquisses, content une histoire intimiste. Des roches au noir luisant, satiné, sertissent des eaux dont le tumulte se mue en voile, en fourrure. Artisan en constante recherche de perfection, Philippe Ayral décline son travail en séries de tirages délicats, raffinés, qu'il épure comme s'il créait un hymne à la lumière. Le sommet de son art, il l'atteint dans sa "série blanche". Bien au-delà de ce que l'œil enregistre, c'est de mémoire qu'il s'agit ici. A force de méditer dans sa chambre noire, le photographe suit la voie des moines zen. Il minimalise, traque l'essentiel, jusqu'à ce qu'un blanc de nacre ourlé d'un gris ouaté suggèrent l'essence du paysage. L'unique arbre, le nuage, la croix mi-enfouie dans la neige, disparaissent. Les formes s'effacent peu à peu, résultat d'une ascèse visuelle qui, explique-t-il, permet de percevoir la source même du visible. Françoise Gentinetta La Côte mars 1998 Série blanche et chambre noire Dans ses photographies de paysage et de nature, Philippe Ayral a tenté de saisir ce qui d'ordinaire échappe à l'objectif. d'une part la dimension palpable et sensuelle du noir, sa réalité comme "couleur de lumière". de l'autre le vide, l'effacement des formes dans le blanc, sa réalité aux frontières du visible. L'Hebdo mars 1998 Noir… Blanc Une expo photos tout en finesse et pureté Jusqu'au 25 novembre, l'espace 13x13 sert de cadre à une exposition de photographies en noir… blanc qui mérite plus qu'un coup d'œil. Son vernissage a permis à l'artiste, Philippe Ayral de révéler plusieurs de ses meilleures photos. La "série noire" sur le Giffre a nécessité quatre ans. Le fameux torrent haut-savoyard s'est vu observé, guetté avec patience avant de voir capturer quelques-unes de ses plus fortes expressions. L'intensité de son cours d'eau, ses tourbillons, la forme de ses rochers… révèlent un relief inverse. La patience du Gaillardin a été récompensée au vu des clichés réalisés. "La matière est quasi palpable. Le noir devient vivant", commente-t-il. Les "séries blanches", quant à elles, s'exposent dans une sérénité presque mystique. Un traitement particulier du négatif joint à un tirage sur papier spécial donnent un effet à la limite des dessins à l'encre, esquissés par les moines Zen japonais. Un seul trait peut être déterminant pour permettre l'émergence d'une émotion dans cette ascèse visuelle. Etendues neigeuses d'où surgit un arbre, illusion quant à la perception d'éléments de vie sur fond de pureté, le blanc pénètre les corps et touche les cœurs. La "série formes" transforme des pierres granitiques en des "courbes douces et sensuelles". L'aspect chaotique disparait au profit d'un halo de plénitude. L'hommage à Edward intrigue. à chacun d'imaginer une réponse. Enfin, la série "marée basse" ne peut laisser indifférent tant elle semble éveiller des souvenirs propres à chacun: les cinq clichés de ce tableau sont à admirer. B. M. Dauphiné Libéré novembre 1997 Photographies de Philippe Ayral Philippe Ayral expose une série de clichés réalisés entre 1992 et 1994 où s'opposent les jeux d'ombres et de lumières qui donnent naissance à des vues surprenantes. L'œil du photographe s'est arrêté sur des formes et des objets courbes donnant lieu à "une ordonnance graphique, dont jaillissaient des compositions aussi rigoureuses que si elles étaient l'œuvre du meilleur sculpteur". Le Messager novembre 1997 Alternative Processing This is a for my Alternative Processing course at AU, Fall 2009. I researched Platinum Prints and found a book called The Platinum Print by John Hafey and Tom Shillea. I also found Alternative Photography.com to be a useful source of information on the overall process and finding photographers that use different Alternative Processes. Platinum Editions is another website that one may find useful for researching the process of Platinum/ Palladiumphotography. Some of the Artists I enjoyed were: - George A. Tice - Philippe Ayral - Frederick H. Evans I chose to review Ayral’s work, because he was the artist that inspired me the most. What I enjoy in his work is the attention to light. His highlights move well across the image, leading the viewer's eye to lightly touch each part of the it. Frequently he focuses on the shadows or reflections of subjects in a way that most would not think to notice. Many of the compositions are simple, but hold a vast amount of detail that requires a second look. The way Ayral approaches a subject and makes it almost abstract greatly fascinates me. He pushes his images to be washed out or zoomed in, so that at first glance one doesn’t realize what the photo is of. This is a technique that I greatly appreciate, and often strive for in my own work. I really appreciate the work of PhilippeAyral. His images are much more than they seem, with a simplistic charm. Alternative Processing Fall 2009 photography work and research Posted by margotj8

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